Jude Ruest : Se servir de son expérience pour aider les autres

Jude Ruest

Crédit photo : Jean-François Gravel
Article : Patricia Gougeon (RABQ)

Jude Ruest est de ceux qui se servent de leur expérience pour aider d’autres personnes. Bénévole dévoué auprès de l’Association québécoise des personnes stomisées, il a permis à de nombreuses personnes à accepter leur condition et continuer de vivre leur vie en conservant le sourire. Pour souligner son parcours, les prix Hommage Bénévolat-Québec lui ont décerné les grands honneurs pour la région du Saguenay-Lac-Saint-Jean. Le Réseau de l’action bénévole du Québec lève le voile sur cet homme d’exception.

Cet honneur, M. Ruest l’accepte bien humblement, mais aussi avec discrétion. Il savait qu’avec ce prix, on allait parler de lui, de son parcours, mais aussi du fait qu’il est lui-même devenu une personne stomisée depuis l’âge de 30 ans des suites d’une maladie inflammatoire de l’intestin. Il a eu cinq opérations, pour finalement se rendre à l’évidence qu’il devrait porter un sac sur son ventre pour le reste de sa vie. « Le temps a fait que j’ai accepté ma condition. Ce n’est pas facile quand tu comprends que ton corps t’abandonne dans certaines parties. C’est un processus, ce sont des étapes à franchir et le processus est différent pour chaque personne », explique-t-il.

Auprès de l’Association, il a notamment réalisé un Guide pour les Personnes Stomisées, le GPS qui est remis gratuitement à tous. Il a participé aux démarches pour que le mot « stomie » soit inscrit dans les dictionnaires et a créé un passeport de voyage pour les personnes stomisées afin de faciliter leur passage aux douanes. Ce passeport est certifié par un médecin. Cet outil a même été traduit en six langues et permet de sécuriser les gens. « Avec les nouveaux scanners, on voit très bien nos sacs et certains fraudeurs ont trouvé que c’était une bonne façon de passer toute sorte de choses, donc les personnes stomisées sont souvent plus aptes à se faire fouiller. Ce passeport dit que la personne accepte de se faire fouiller, mais dans un endroit discret, par du personnel compétent et que leur matériel médical soit à la portée pour changer l’appareillage. » Ce passeport sécurise beaucoup les gens qui étaient plutôt gênés de voyager en raison de ces fouilles possibles et souvent humiliantes.

Enseignant de profession, il a ensuite travaillé comme agent de développement pédagogique au Ministère de l’éducation après avoir été opéré. Sa santé ne lui permettait pas de revenir immédiatement comme enseignant et demeurer debout pendant des heures devant ses étudiants. Il est retourné à l’enseignement lorsque sa santé lui a permis, mais aujourd’hui il se consacre au bien-être des personnes stomisées.

Non seulement il partage son expérience et les guide à travers leur cheminement, mais il développe des outils pour faciliter la vie des gens. “Souvent je vois des gens après l’opération qui restent à la maison et se referment sur eux-mêmes. Ils ne veulent pas que les gens connaissent leur condition. Je leur dis que c’est seulement 10 % de leur corps qui a été modifié, que ça ne représente pas tout leur personne. Présentement, cela occupe 100 % de leur pensée alors ils doivent se rendre compte que ce n’est qu’une seule partie de leur corps qui est brisée. Tant mieux si je peux aider d’autres personnes. De plus en plus, le personnel infirmier se rend compte que l’on fait partie du processus. On m’appelle à l’Association et je peux les guider vers des gens à travers le Québec et même ailleurs. J'ai eu beaucoup de difficultés moi-même, alors j’ai voulu aider. »

Cette aide, il se fait un devoir de l’offrir gratuitement, ce qui comprend également toutes les informations disponibles à l’Association. Selon lui, lorsque les gens comprennent que l’organisme est là pour aider, ils sont plus enclins à faire des dons. « Quand on explique aux entreprises, aux ministères ou aux gens pourquoi on est là et vers quoi on s’en va, que notre but est d’aider, l’argent arrive. On n’a plus jamais eu de problèmes financiers après cela. On veut aider et soutenir les personnes stomisées », conclu M. Ruest.

Dernière mise-à-jour : 7 mai 2019

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