Réseau de l’action bénévole du Québec
présente
Des histoires inspirantes du bénévolat
5 décembre 2019

Le cœur sur la patte

Texte : Patricia Gougeon/Réseau de l’action bénévole du Québec

Photos : Diane Mailhot

Diane Mailhot fait partie des familles d’accueil de la Fondation Mira depuis 2012. Pendant environ un an, elle socialise et prend soin d’un chien qui deviendra chien guide ou d’assistance pour des personnes non-voyantes, handicapées physiques ou pour un enfant présentant un trouble du spectre de l’autisme. Au moment de notre entretien, elle venait de remettre son 9e chien, Azay et elle devrait accueillir son 10e chien en janvier.

Mme Mailhot songeait depuis longtemps à devenir famille d’accueil pour la Fondation Mira, mais son mari et son fils étaient moins enthousiastes à l’idée de garder un chien seulement un an et de le remettre ensuite. Mais finalement, la vie fait bien les choses et les a menés à une soirée d’information. Rapidement, ils ont eu un premier chien, mais seulement en dépannage d’une autre famille d’accueil.

Le premier vrai chien qu’ils ont eu en famille d’accueil était Béthanie. Cette dernière a été une chienne exemplaire qui même sans formation de chien d’assistance, a su d’instinct faire un travail similaire auprès de leur fils Olivier qui devait subir des traitements de chimiothérapie. « C’est incroyable ce que cette chienne a fait avec Olivier. Elle le suivait partout. Quand il avait mal, il la prenait dans ses bras et sa chaleur lui faisait du bien », raconte Mme Mailhot. Une fois remis à Mira, Béthanie a été chien d’assistance pour une femme en fauteuil roulant qui, à ce moment, était célibataire. Mais elle a rencontré un homme et ils ont eu un enfant. Dans ce cas-ci, la présence du chien n’était plus utile pour la bénéficiaire. Béthanie a donc été mise à la retraite. La Fondation Mira a alors offert à Mme Mailhot et sa famille d’adopter Béthanie, ce qu’ils ont fait sans hésiter et elle coule toujours des jours heureux auprès de leur fils Olivier.

Chien marquant

Si Béthanie a été marquante pour la famille, Mme Mailhot mentionne que Bouffon, un magnifique labernois de type St-Pierre qu’elle a aussi eu en famille d’accueil, a été un de ses favoris. « C’était une vraie soie ce chien. Lui, j’ai pleuré quand je l’ai remis. Mais il a malheureusement été déclassé, car il avait une légère boiterie. Quand les chiens sont déclassés, on a la possibilité de les adopter, moi j’en avais déjà adopté un autre qui n’avait pas réussi les tests, car il était trop nerveux sans nous. Mais une amie qui travaille chez Mira a adopté Bouffon. J’étais bien contente, il n’était pas question que ce chien aille dans une famille que je ne connaissais pas. Chaque fois que je vais sur place et qu’il entend ma voix, j’entends ses grosses pattes et il vient me voir. »

Mme Mailhot mentionne qu’être famille d’accueil ce n’est pas toujours rose, par contre, cela en vaut tellement la peine. Mais il faut toujours être conscients que ce n’est pas notre chien, mais le chien de la Fondation Mira. « Le matin on l’apporte chez Mira pour son entrée à l’école et même si on a un pincement, le chien lui ne se retourne même pas. Mais on est content d’avoir fait ce qu’on a pu. Lorsqu’il est classé c’est encore mieux. Moi si je peux aider à faire en sorte que quelqu’un puisse être plus autonome avec un chien, ou qu’une mère d’un enfant autiste puisse finalement vider son lave-vaisselle tranquille, c’est fantastique. L’autonomie d’une personne c’est important, on l’a vu avec notre fils lorsqu’il était malade. »

Mais pour Mme Mailhot et sa famille, Mira ce n’est pas seulement une histoire de chiens, c’est surtout une histoire d’amitiés. Des liens se sont tissés avec d’autres bénévoles ou même des bénéficiaires, car il arrive régulièrement que des personnes qui reçoivent un chien, demeurent en contact avec la famille qui a éduqué leur chien dans sa première année.

De plus, être famille d’accueil c’est non seulement véhiculer l’image de la Fondation, mais aussi faire un peu d’éducation et de sensibilisation, car se balader avec un chiot de Mira, ça attire bien des gens, mentionne Diane Mailhot.

Quelques faits :

  • Investissement de Mira pour chaque chien-guide et d’assistance : 30 000$ et les chiens sont remis gratuitement aux bénéficiaires
  • 60 à 70% des chiens se classent dans un des trois programmes
  • Plus de 1 350 personnes bénéficient actuellement d’un chien Mira
  • 350 familles d’accueil actives
  • En moyenne, c’est 200 chiens par année que Mira remet à des bénéficiaires.
  • La Fondation Mira a récemment lancé un projet-pilote pour mesurer les effets d’un chien d’assistance auprès des personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer.
  • Rappelons qu’il y a des chiens-guides pour les personnes aveugles et atteintes de déficience visuelle.
  • Il y a les chiens d’assistance pour les personnes à mobilité réduite.
  • Il y a également les chiens pour les jeunes présentant un trouble du spectre de l’autisme.
  • Il existe également certains chiens de réadaptation. Le premier a été Kanak au Service de police de la Ville de Sherbrooke. Il est encore en service et le projet a tellement bien fonctionné que différents corps policiers ont maintenant ce type de chien.
  • Bien entendu il y a des chiens Mira ambassadeurs, comme Flambo qui est avec le Canadien de Montréal.

Pour de plus amples informations, consultez : www.mira.ca

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