Réseau de l’action bénévole du Québec
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Des histoires inspirantes du bénévolat
5 décembre 2019

Mettre un sourire sur tous les visages

Texte : Patricia Gougeon/Réseau de l’action bénévole du Québec

Photos : Guillaume Vermette

Depuis 2008, Guillaume Vermette parcourt le monde pour redonner le sourire à des gens qui en ont grandement besoin. Ce clown humanitaire a reçu le prix Hommage Bénévolat Québec en 2015. Il a fait le choix de vivre avec le strict minimum pour se consacrer aux autres, que ce soit dans des camps de réfugiés, des orphelinats ou des hôpitaux, il parvient à mettre un baume dans le quotidien des personnes pour qui la vie n’est pas toujours rose.

Comment êtes-vous devenu clown humanitaire?
C’est depuis 2008, mais l’idée a débuté en 2006. J’avais 17 ans et j’étais animateur dans un camp d’une communauté inuit. Ça été une belle expérience, j’étais de loin le plus jeune de l’équipe, certains ados avaient presque mon âge. Ils ont commencé à se confier à moi, certains voulaient mourir. Je me suis improvisé clown, il y avait un costumier, j’ai pris 2-3 trucs et je suis allé dans la rue. Je n’avais aucune formation. Je n’étais pas bon, mais ça marchait, les gens appréciaient. Je voyais des étoiles dans leurs yeux. L’idée est née là, je me disais que je deviendrais le premier clown humanitaire au monde, j’étais naïf, je pensais que j’inventais un concept. (Rires)

Donc, comment le tout s’est réellement concrétisé?
J’ai étudié en théâtre clownesse et en psychologie. Rapidement, j’ai eu mon entreprise de clowns, pour laquelle plusieurs artistes travaillaient. Je faisais 2-3 projets humanitaires par année, mais en 2015 j’ai vendu l’entreprise pour être clown humanitaire à temps plein

Sur votre site, vous dites que vous ne vivez qu’avec 6000$ à 10 000$ par année.
Oui, mais ce n’est pas un sacrifice, c’est bien moins pire que ça en a l’air. C’est un choc pour certaines personnes, mais moi je ne me vois pas faire autrement. Tout ce que j’ai entre dans mon sac à dos ou presque. Ça me permet de mettre plus d’énergie à rendre les autres heureux et ça me rend heureux. Dans la prochaine année, je vais sans doute m’installer un peu plus au Québec et l’idée d’avoir une maison me dérange, car je suis bien libre.

Pour être clown humanitaire et vivre avec si peu, vous avez dû vous heurter à plusieurs embûches?
Oui, beaucoup. Les gens me disaient fou. Au début, j’appelais les hôpitaux, les CHSLD pour donner de mon temps comme clown thérapeutique, mais à ce moment, on ne savait pas ce que c’était. Maintenant, c’est plus connu, notamment avec le beau travail de la Fondation Dr Clown. J’avais presqu’abandonné l’idée. Dans ma vie personnelle, c’est correct de ne pas avoir beaucoup d’argent, le plus dur est de dire au revoir à ma famille, aux gens que j’aime, car j’étais toujours parti. J’ai plein d’amis proches dans plusieurs pays différents et je ne pourrais jamais les voir aussi souvent que je voudrais. C’est la seule chose que je considère comme un sacrifice. La solitude.

Est-ce une des raisons qui vous pousse à vouloir vous installer au Québec?
Oui, ça fait partie de ça. Je sais que je ne pourrai pas faire ça toute ma vie, mais je veux le faire. Mais je veux enseigner à une relève, être plus local, je souhaite donner l’envie aux gens de faire de belles choses aussi.

Vous donnez des conférences également
Oui, ça fait plusieurs années que j'en donne au Québec, dans l'espoir de sensibiliser les gens à certaines réalités et leur donner envie de faire une différence positive à autour d'eux.  Désormais, j'en donne un peu partout dans le monde. La première fois, j’ai reçu un long courriel en italien. Je me disais qu’ils s’étaient trompés. J’ai traduit le message par google et j’ai constaté qu’on m’invitait à être l'invité d'honneur d'un événement et donner une tournée de conférences. Alors je me suis retrouvé avec un traducteur italien là-bas et ce fut une expérience formidable.

Vous avez collaboré à quelques reprises avec Patch Adams, est-il un mentor pour vous?
C’est un bon ami. Il va signer la préface de mon livre. C’est une inspiration. J’ai passé par plusieurs étapes dans ma relation avec lui. J'ai été un fan, puis j'ai douté de lui. Parce qu'il aurait toutes les qualités pour devenir un gourou, un menteur. Mais à force de le côtoyer, j’ai vu que l’homme, malgré ses défauts et imperfections, il travaille avec acharnement pour changer le monde. Il a ouvert la voie, sans lui je ne serais sans doute pas où j’en suis aujourd’hui.

Parlez-nous de votre livre
Il devrait sortir l’an prochain. Il est presque fini. Il s’intitule : Un sourire à la fois. C’est un genre de journal de voyage, je raconte des anecdotes selon les dates et lieux. Je parle des gens que j’ai rencontrés et qui font de belles choses, mais dont on n’entend jamais parler. Je veux donner envie de répandre des sourires.

Quel serait le pays qui vous a le plus marqué?
La Russie. C’est là où je suis allé le plus souvent. Je ne pensais même jamais y aller, c’est une coïncidence, j’ai été invité par Patch Adams en 2011 et ça changé ma vie. Je suis tombé en amour avec la Russie. J’ai découvert une dure réalité, c’est qu’il y a beaucoup d’orphelinats là-bas malheureusement, donc les besoins sont grands. Souvent dans les films on nous donne l’image des méchants russes, mais la réalité n'a rien à voir avec ça. C’est un peuple très accueillant, j’ai découvert beaucoup d’affinités avec eux.

Finalement, qu’est-ce que cela vous apporte d’être clown humanitaire?
Beaucoup de choses, mais le bonheur surtout. Je suis l'une des personnes les plus heureuses que j'ai rencontrées de ma vie. Au-delà du clown, cela m’apporte beaucoup au niveau humain, c’est certain.

Pour en savoir plus, consultez le site : https://www.guillaumevermette.com

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