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9 juillet 2020

Maski récolte : Éviter le gaspillage alimentaire en aidant la communauté

On a beaucoup parlé de récoltes ces derniers temps. Avec la pandémie, les agriculteurs ont du mal à trouver de la main-d’œuvre dans leurs champs. Puis, on a parlé de gaspillage alimentaire, de banques alimentaires également. Mais il existe maintenant quelques organismes qui se sont donné pour mission de réduire considérablement le gaspillage alimentaire tout en aidant leur communauté. Dans la MRC de Maskinongé, en Mauricie, il y a Maski récolte, qui avec ses bénévoles, fait tout en son pouvoir pour amasser les denrées oubliées.  Maski récolte est né il y a trois ans. Son agente de développement, Suzie Paquin était en fonction avec Maski en forme depuis quelques années lorsqu’on a ajouté le volet de saine alimentation à l’activité physique. Adopter de saines habitudes de vie était la clé. Au fil des activités et des demandes de sa communauté, Mme Paquin s’est rendu compte qu’il y avait un besoin en aliments sains non seulement dans les activités, mais aussi dans certains organismes, écoles, camps et que plusieurs agriculteurs perdaient de leurs récoltes (jusqu’à 30%) faute de main d’œuvre et de temps. C’est ainsi que l’idée de Maski récolte a vu le jour. Un succès fulgurant  Ici, des bénévoles vont dans les champs récolter les denrées qui n’étaient pas ramassées. Un tiers des aliments est remis à chacun des bénévoles, un tiers au producteur et un tiers aux organismes locaux. «Bien souvent, les producteurs refusent leur part, donc on se retrouve moitié-moitié, mais rares sont les bénévoles qui repartent avec la moitié de leur récolte, car c’est beaucoup trop. Donc, on se retrouve avec une très grosse quantité de nourriture pour les organismes », mentionne Suzie Paquin.  Lors de leur première année d’activité, il y a eu deux mois de récolte, donc au total 9 activités de cueillette qui ont fourni 1396 kg de denrées, récupérées chez six producteurs. Il y a eu 48 bénévoles et neuf organismes ont profité de ces denrées. Mais dès la seconde année, le succès a littéralement explosé. Les récoltes ont débuté en juillet avec la saison des fraises et se sont poursuivies avec les courges et citrouilles jusqu’au début novembre. 11 producteurs ont fait appel à Maski récolte, cinq particuliers ont demandé de récolter aussi sur leur terrain. 284 bénévoles ont participé à 37 activités de cueillette. Il y a eu également 23 dons de nourriture, ici les producteurs ont récolté eux-mêmes, mais ont fait don de leur surplus. Si la première année il y avait eu une tonne de denrées, la deuxième année s’est soldée avec 8,3 tonnes de nourriture cueillies. Cette fois, 32 institutions ont pu en profiter. « Le projet intéresse grandement maintenant la MRC de Maskinongé qui veut en faire un projet régional. On a toujours des appels de partout au Québec pour savoir comment on a tout mis en place. On souhaite étendre le concept à toute la Mauricie maintenant. » Et pourquoi pas tout le Québec ? Il existe déjà des projets semblables ailleurs comme Récoltes oubliées à Sorel, Fruits partagés à Rimouski ou encore Les fruits défendus à Montréal, pour ne nommer que ceux-là. Maintenant, grâce à Maski récolte, les plus jeunes ont droit à des collations santé et des familles ont accès à des produits frais et locaux. L’organisme récolte une variété de produits allant des fraises aux citrouilles en passant par l’ail, les noix et plus encore. Le but étant de faciliter les récoltes pour avoir moins de gaspillage. On souhaite aussi se tourner vers la transformation pour permettre de conserver les fruits et légumes plus longtemps.  Cette année, en raison de la pandémie, la distribution pose un problème, car les camps ne sont plus activité ou n’ont plus les activités de cuisine, même chose du côté des cuisines collectives. Maski récolte espère donc compter sur certains traiteurs ou restaurateurs qui pourraient mettre à leur disposition leur matériel pour permettre la conservation des denrées afin d’échelonner la distribution plus longtemps. « Il y a eu du financement pour les banques alimentaires, mais les demandes sont grandes. On voit déjà arriver les paniers de Noël nous, donc si on peut congeler certains aliments ou même en transformer, c’est ce qu’on va faire. Éventuellement, on veut pouvoir distribuer toute l’année.»  Rassurez-vous, malgré les consignes sanitaires qui seront respectées, les récoltes bénévoles ont bel et bien lieu cette année et autant les producteurs que les gens qui souhaitent s’impliquer sont au rendez-vous. « Les bénévoles aiment ce retour à la terre, d’avoir littéralement les mains dans la terre. C’est aussi faire comprendre aux enfants d’où viennent les produits qui sont sur la table. C’est tout un sentiment de pouvoir aider d’autres familles, il y a de la fierté. Cela vient contrer l’isolement aussi, même pour les producteurs qui voient leurs champs remplis de gens qui repartent avec leurs récoltes et un gros sourire. Pour eux, c’est une main d’œuvre qu’ils n’auraient pas pu avoir. Tout le monde y trouve son compte », indique Mme Paquin.  Un beau projet qui mérite d’être développé partout. Pour en savoir plus : https://www.maskirecolte.com/ 

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