Réseau de l’action bénévole du Québec
présente
Des histoires inspirantes du bénévolat
Cliquez ici pour nous proposer des histoires inspirantes
4 juin 2020

Un accident qui a changé sa vie

Si vous appelez au Centre d’action bénévole de Montréal les lundis, vous allez probablement parler à Frédéric Gauthier à la réception. Croyez-le ou non, ce bénévole dévoué est semi-voyant. Il a presque complètement perdu la vue à la suite d’un terrible accident. Aujourd’hui, c’est vers le bénévolat qu’il s’est tourné.  M. Gauthier, vous avez perdu la vue lors d’un accident. Pouvez-vous nous raconter ce qui s’est produit? C’était en 1995. J’étais camionneur. Il y a eu un problème avec l’équipement avec lequel je travaillais. Vous savez lorsque l’on retire une remorque, il y a des pattes. L’une d’elles ne se levait pas et on ne savait pas pourquoi. Sur cette remorque, les freins aussi restaient un peu collés, pas beaucoup, mais un peu sur une roue. J’étais sur la route depuis 1h environ, dans un village au Saguenay, il y avait une grande côte et quand j’ai regardé dans mon miroir, il y avait une file de voitures et de la boucane. Au milieu de la côte, il y a un magasin général, j’ai arrêté dans leur cour. J’ai vu qu’il y avait du feu dans la roue. Je transportais des copeaux secs, alors je ne voulais pas que ça prenne feu. Je suis allé chercher mon extincteur, mais quand je me suis approché, le pneu a éclaté et j’ai perdu la vue. C’était comme si on avait fermé les lumières d’un coup. Comme si on m’avait donné un gros coup de poing dans le visage. Je me suis couché plus loin, le gars du dépanneur est venu me voir. J’ai été opéré d’urgence. On m’a gardé 4 jours à Chicoutimi avant d’être transféré à Montréal en ophtalmologie.  Les médecins n’ont pas pu sauver vos yeux? Je me souviens qu’à Chicoutimi lorsque le médecin faisait son examen avec une lumière, je voyais une petite lueur dans l’œil gauche, il croyait qu’ils auraient pu le sauver, mais malheureusement non. J’ai subi plusieurs opérations, dont une pour un décollement de la rétine, une première greffe de cornée aussi, puis j’en ai eu une deuxième. Aujourd’hui, je peux voir des silhouettes, je peux voir des gros caractères si je les agrandi sur mon écran d’ordinateur. J’ai peut-être environ 5% de vision. Ce n’est peut-être pas beaucoup, mais c’est assez pour que je puisse me débrouiller même sans chien d’assistance. (Au moment de notre entretien, M. Gauthier avait appris que son chien de la Fondation Mira avait malheureusement un cancer. Il allait donc avoir un autre chien.) À ma dernière opération, je me souviens quand le médecin a enlevé mes pansements, je pouvais voir un peu, j’avais un gros sourire en sortant. Comment en êtes-vous venu à faire du bénévolat? J’ai commencé en 2013 avec l’Association des sports pour aveugles du Montréal Métropolitain, je participais à des campagnes de financement comme les emballages dans les épiceries. J’ai également siégé sur sur leur CA. C’est là que j’ai rencontré ma femme Stéphanie (Carrasco). Elle travaillait au Centre d’action bénévole de Montréal (CABM) et elle voulait mettre en place un service de popotes roulantes. Avec l’Association, elle a mis en place la livraison en vélo tandem et m’a demandé si je voulais le faire. Ce service à vélo n’existe plus. En 2018, ils ont eu besoin d’un réceptionniste bénévole et j’ai dit que cela m’intéressait. Ils ont un réceptionniste bénévole différent chaque jour et c’est comme ça que j’ai commencé au CABM. Mais le bénévolat faisait déjà partie de ma vie. Qu’est-ce que cela vous apporte? Cela vient compenser le travail que je ne peux plus faire. Comme c’est un accident de travail, mon salaire est remplacé, alors aussi bien faire du bénévolat et aider des organismes qui en ont besoin. En plus, je me sens utile. Par exemple, avec les popotes c’était aussi de démontrer qu’une personne handicapée pouvait également aider d’autres personnes dans le besoin. Certaines personnes se voient comme des victimes, d’autres non, ça dépend de leur personnalité. Moi je voulais montrer que je pouvais aider aussi. On s’adapte, on trouve nos trucs. Même avec un handicap c’est possible de faire du bénévolat. On peut aussi faire des activités. C’est une façon de sortir de son isolement.   

Nombre de vues231
PARTAGER
Partager sur FacebookPartager sur TwitterPartager sur LinkedInPartager par courriel
5 décembre 2019

Retrouver un sens à sa vie par le bénévolat

Ex-militaire vivant avec un trouble de stress post-traumatique, Jean-François Paré ne le cache pas, le bénévolat lui a carrément sauvé la vie. Depuis deux ans, il est bénévole pour la Fondation des sports adaptés et de voir le bien qu’il est capable de faire lui a redonné une raison de vivre. La vie après l’armée M. Paré s’était enrôlé dans l’armée à 20 ans et y a passé 15 ans. Sa première mission, il l’a vécue six ans après son entrée où il a été déployé en Bosnie. Ensuite, il a été envoyé à Kaboul pour finalement faire une troisième et dernière mission à Kandahar en Afghanistan où rien n’aurait pu le préparer à ce qu’il a vécu. «  En Bosnie, c’était plus humanitaire. À Kaboul, c’était la guerre, on avait le stress de marcher sur une mine, mais il n’y avait pas vraiment de conflit armé. Je pensais que ce serait semblable à Kandahar, mais c’était la guerre, ça brassait. On ne peut pas être préparé à ça. On était une quarantaine de Canadiens qui sont partis avec les Américains. Les règles d’engagements ne sont pas les mêmes. On était sous leur commandement. Aux deux jours, il y avait un soldat qui repartait dans un cercueil. Peu importe la nationalité, chaque fois il y a une cérémonie. Tout le monde pleure, même si on est des soldats et qu’on est fait fort », raconte Jean-François Paré. Cette image d’homme fort est lourde à porter lorsque vient le temps de se faire soigner et de consulter des psychologues et psychiatres. Après une tentative de suicide, M. Paré n’a pas eu d’autre choix que de monter « l’escalier de la honte » à Valcartier, comme on la surnomme, pour demander de l’aide. « Je l’ai montée en 2008. J’étais un des premiers après l’Afghanistan. En plus, j’avais toujours eu cette image d’homme fort avec mes 6 pieds et 4 et 300 livres. S’en ait suivi ma libération des forces armées. Je ne pouvais plus être militaire. » Il a ensuite fait un DEP en réfrigération et travaillé un an dans le domaine. « Mais j’ai pété les plombs avec un client. J’ai fait une deuxième tentative de suicide et je me suis retrouvé cette fois à l’Hôtel Dieu de Sherbrooke. Ensuite, les anciens combattants m’ont pris en charge et m’ont fait passé plusieurs tests psychologiques et ont déclaré que j’étais invalide. Donc, je ne peux pas non plus travailler au civil. Si je n’avais pas la Fondation, je me tournerais les pouces chez nous. » Le bénévolat à la rescousse Père de deux jeunes garçons, ces derniers sont une des raisons de vivre de M. Paré, l’autre c’est, comme mentionné, la Fondation des sports adaptés. Le directeur général de la Fondation, Steve Charbonneau (ex-joueur des Alouettes de Montréal), est devenu son ami et c’est grâce à lui que M. Paré a choisi de s’impliquer. Les deux hommes s’étaient d’abord brièvement rencontrés lors d’un tournoi de golf pour la Fondation, alors que l’ex-militaire y était avec Sans limites, une fondation pour vétérans. Puis, ils se sont liés d’amitié lors d’un voyage de ski en Suisse où M. Paré y était avec une autre fondation. « Il m’a invité à devenir bénévole et participer aux activités. À ce moment, je ne voyais pas encore grand monde. J’y suis allé et de fil en aiguille, il m’invitait souvent et c’est rendu que j’y vais 2-3 fois par semaine. Steve est devenu un ami, c’est mon mentor. Il me connaît maintenant, il sait quand j’ai besoin de me changer les idées, il me donne plein de projets. » La Fondation permet à des gens vivants avec un handicap physique de participer à différentes activités. « De voir ces jeunes sourire, de les voir participer à ce qui peut être leur seule activité, je me dis que je fais une différence, c’est ma paie. Ça vaut n’importe quel montant d’argent. C’est valorisant. Je m’identifie à cette fondation. Quand j’étais soldat, je m’identifiais à l’armée, mais là sans mon bénévolat, je ne m’identifie à rien. Ça m’a sauvé la vie », confie Jean-François Paré. Redécouvrir qui on est Le bénévolat lui est très familier, car même avant de s’engager dans l’armée, il était toujours prêt à donner de son temps et aider son prochain. « Je viens d’un village, je suis un petit gars d’église. J’allais à la messe, c’était important d’aider. J’ai toujours eu le cœur gros. Je suis comme mon père, il aime aussi donner de son temps. Si je le pouvais, je ferais plus de bénévolat. J’ai mes gars une fin de semaine sur deux, ils sont encore trop jeunes pour me suivre, mais c’est certain que c’est une valeur que je veux leur transmettre.» Avec la Fondation, Jean-François Paré redécouvre l’homme qu’il était avant de s’enrôler. Cela l’a même rapproché de ses parents, il se dit plus ouvert maintenant. « Quand on entre dans l’armée, ils nous façonnent, c’est difficile de se déprogrammer. Foncièrement, j’étais un garçon gentil, je redécouvre la personne que j’étais et je constate que je suis encore bon à quelque chose. » Vous hésitez à faire du bénévolat, cet homme courageux vous dit d’essayer au moins une fois, vous en sortirez grandi et vous aurez envie d’y retourner. « On a tous quelque chose à donner, malgré que la vie est chargée, on a toujours du temps pour faire du bien, que ce soit deux heures par semaine ou par mois, ces deux heures tu le donnes à des gens qui en ont besoin, tu peux leur en faire profiter », conclu-t-il.

Nombre de vues248
PARTAGER
Partager sur FacebookPartager sur TwitterPartager sur LinkedInPartager par courriel
5 décembre 2019

Une vie liée au bénévolat

Marjorie Northrup est de ces personnes qui nous captivent dès la première rencontre. À 71 ans, cette belle dame a de l’énergie à revendre et sa chaleur humaine fait du bien. À la seconde où elle vous parle, c’est comme si vous étiez amis depuis longtemps. Actuellement coordonnatrice des services alimentaires bénévoles au Centre d'action bénévole de Montréal, vous constaterez que son parcours a toujours été lié de près ou de loin au bénévolat. Du plus loin qu’elle se souvienne, Marjorie Northrup a toujours aimé aider les autres, cela lui vient de ses parents. Déjà enfant, c’était coutume dans son village au Nouveau Brunswick. « À ce moment, on ne disait pas le mot « bénévolat » on disait « entraide » et c’était tout naturel. Si une famille était plus défavorisée, les gens du village cuisinaient un peu plus pour leur en donner. On se donnait des trucs de nos jardins. Tu aidais et quand c’est toi qui avait besoin d’aide, les autres étaient là », raconte-t-elle. Au fil des ans, Mme Northtrup s’est beaucoup impliquée, notamment dans les popotes roulantes, devenant même la présidente du Regroupement des popotes roulantes du Québec et s’impliquant aussi sur le CA de la Fédération des centres d’action bénévole du Québec. Elle le dit elle-même, elle est un bon exemple que le bénévolat peut aider à se trouver un emploi puisque c’est ce qui lui ait arrivé la majorité du temps. Pour elle, le bénévolat c’est bénéfique à tous les niveaux, pour la santé (des études l’ont prouvé) ou même pour trouver l’âme sœur, puisque vous rencontrez des gens qui partagent les mêmes valeurs que vous. « Le bénévolat c’est démocratique, on a tous à un moment eu besoin d’un bénévole, que ce soit pour nous guider à l’hôpital, ou dans les sports amateurs, partout. Tout le monde à quelque chose à donner peu importe qu’ils aient des habiletés différentes. Cela donne un but, une raison d’être, une valeur morale. Le bénévolat devrait être naturel pour tout le monde.» Si elle a étudié en psychologie, elle a aussi une formation en art dramatique et elle s’en sert parfois lorsqu’elle donne des conférences dont Vieillir en beauté avec le bénévolat. Elle a aussi donné la conférence Retrouver la magie du bénévolat il y a quelques années, car à ce moment, il y avait beaucoup de pression sur les gestionnaires de bénévoles, notamment à cause des enquêtes sur les antécédents judiciaires. Elle voulait alors redonner l’amour du métier à ses comparses. Confronter ses peurs Le bénévolat a également permis à Mme Northrup de vaincre sa peur de la mort. Elle s’est impliquée dans une unité de soins palliatifs. Elle a aussi été à l’écoute téléphonique chez Suicide Action Montréal. « J’avais peur de la mort et j’ai voulu confronter ma peur. J’ai vécu plein d’histoires particulières, difficiles, mais c’est tellement gratifiant. Ce sont aussi de belles leçons d’humilité.» Elle est formelle, sans le bénévolat et le milieu communautaire, elle ne serait pas la même femme aujourd’hui. Il faut donc revaloriser le bénévolat dans notre société, car pour elle, tout le monde en sera gagnant.

Nombre de vues162
PARTAGER
Partager sur FacebookPartager sur TwitterPartager sur LinkedInPartager par courriel
RETOUR AU SITE